a commune de Pierre-la-Treiche est la plus riche commune meurthe-et-mosellane sur le plan karstique. Elle ne compte pas moins de 39 grottes explorées par l’Homme, dont les deux tiers sont situés en rive droite. Par ailleurs ces cavités figurent parmi les plus grandes du département et on trouve 3 des 4 cavités du département de plus de 1 000 m de développement. L’ensemble des grottes de ce domaine recèle encore bien des secrets. De nombreux conduits sont malheureusement totalement obstrués par des remplissages déposés par la Moselle lors de sa capture par la Meurthe il y a plus de 300 000 ans. Les actuels explorateurs poursuivent les travaux commencés par leurs aînés voici près d’un siècle et demi pour enrichir tout aussi bien notre connaissance du milieu souterrain que celle de l’humanité.

Quelques-unes méritent que l’on s’y attarde : la grotte des Sept Salles, la grotte des Puits, la grotte Sainte-Reine et la grotte Jacqueline, toutes en rive droite, indiquées sur le plan ci-dessus.

La grotte des Sept Salles

La grotte des 7 Salles (rive droite ; développement actuel : 1 235 m)  C’est la troisième plus grande cavité naturelle du département de Meurthe-et-Moselle pour ce qui est du développement connu.

Christian Chambosse découvre cette cavité le 31 mars 1937. Il remarque des traces de passage qui prouvent que des inconnus ont exploré la première Salle. Il baptise la grotte après avoir exploré et parcouru sept vastes salles.

À partir de la fin des années 1940, les explorations deviennent plus systématiques. Elles débutent avec les membres du Clan des Montenlairs qui découvrent toute la « partie gauche » (Boyau Supérieur et Galeries Supérieures) appelée depuis « ancien réseau ».

Michel Louis (1937 – †2001), accompagné tout d’abord par les membres de l’équipe spéléo du Foyer rural de Choloy puis par ceux du Cercle lorrain de recherche spéléologique (C.L.R.S., Nancy), découvre dans les années 19701980, la « partie droite » (Nouvelle Salle, salle Pourrie, salle des 3 Blaireaux, salle des Dents de Cochon, galerie des Géodes, galerie Nord, la Barrière, fracture des Dingues, Les Lombrics) appelée aussi « nouveau réseau » et ouvre la deuxième entrée.

Afin de faciliter l’accès à l’ancien réseau pour les travaux au fond des galeries, l’USAN creuse une troisième entrée en 1996. C’est un puits de 6 m de profondeur allant de l’extérieur à la Galerie Supérieure et appelé le puits Chouchen.

Entre juillet 2009 et septembre 2010 un ou plusieurs inconnus abattent la Barrière et purgent le plafond de la salle d’Effondrement rendant inaccessibles la galerie des Lombrics.

La grotte des Puits

La grotte des Puits (rive droite ; développement actuel : 440 m) est la sixième plus grande grotte du département de Meurthe-et-Moselle, pour ce qui est du développement connu. Christian Chambosse découvre cette grotte le 2 décembre 1934 et il en explore l’entrée, les galeries supérieures et la salle du Croisement.

Il faut ensuite attendre le début des années 1960 pour que Michel Louis (1937 – †2001), accompagné de membres du groupe spéléo des Éclaireurs de France de Toul et de membres de l’Union spéléologique de l’agglomération nancéienne (USAN), découvre et explore l’étage inférieur.

La grotte Sainte-Reine

La grotte Sainte Reine (rive droite ; développement actuel : 1 260 m) est la deuxième plus grande cavité naturelle du département de Meurthe-et-Moselle pour ce qui est du développement connu.

Cette cavité devrait son nom à une femme de chef (une « sainte reine ») de l’époque celte, gallo-romaine ou franque qui, étant morte, y aurait été cachée pour la soustraire à l’ennemi.

Cette cavité est connue au moins depuis le XVIIIe siècle, puisque le grand porche (ou portique) était occupé par un ermitage puis un fabricant de patins vers la fin du siècle. Les Trous de Sainte-Reine sont cités en 1861 par Henri Lepage dans son Dictionnaire géographique de la Meurthe.

C’est néanmoins à partir de la seconde moitié du XIXe siècle que son exploration commence, notamment avec les prélèvements d’ossements par Moreau, comme une portion de mâchoire d’ours des cavernes.

Nicolas Husson (1814 – †1890), pharmacien de Toul, aidé de son fils Camille (1843 – †1886), entreprennent son exploration systématique. Ils ébauchent un premier plan en 1863 puis un nouveau, plus complet, en 1864.

Nicolas Husson trouve des ossements d’animaux dont mâchoires, fémurs, humérus, cubitus, côtes. d’ours des cavernes, dents et débris d’ossements de hyène des cavernes, etc. puis des ossements humains et des pièces manufacturées (silex taillés, amulette en bois de cerf ou de renne, vase en verre bleu émaillé d’époque romaine, etc. au niveau du labyrinthe et du portique).

À la suite de la découverte d’ossements d’animaux préhistoriques et de pièces manufacturées, la cavité a été classée aux monuments historiques par un arrêté daté du 24 février 1910.

Dans les années 1960, les travaux conjoints de l’Association spéléologique de la Haute-Marne basée à Saint-Dizier et de l’Union spéléologique de l’agglomération nancéienne permettent d’aboutir au plan actuel.

En 2004, le développement total s’élève à 1 260 mètres pour un dénivelé de 17 mètres.

La grotte Jacqueline

Quant à la grotte Jacqueline (rive droite ; développement actuel : 1 155 m) est la quatrième plus grande grotte du département de Meurthe-et-Moselle pour ce qui est du développement connu.

Cette grotte a été inventée par Jean Colin, habitant à Pierre-la-Treiche, en 1948 puis explorée partiellement par le Groupe spéléologique lorrain (Galerie G.S.L.) entre 1948 et 1949.

C’est vers 1960 que Michel Louis (1936 – †2001) et les membres de l’Association spéléologique de Haute-Marne basée à Saint-Dizier découvrent l’entrée L, la jonction et les boyaux Secondaires.

Mais aussi : La grotte « Trou de serrure »