Il faut remonter à 1871 alors que l’Allemagne a annexé l’Alsace-Moselle. Une partie de la population française de ces territoires fait le choix de migrer sur des terres restées françaises, on les appelle les « optants ». La ville de Nancy va alors voir sa population augmenter de 64 % en 20 ans générant des besoins en eau potable plus importants. Les sources utilisées jusqu’alors ne suffisent plus et provoquent des épidémies de thyphoïde plusieurs années de suite.
Les responsables de l’époque pensaient avoir trouvé la solution en construisant un aqueduc de 13 kms de long chargé d’acheminer l’eau de la Moselle à Nancy. Cependant, ces eaux étaient fortement polluées par les industries et exploitations minières en amont si bien que les épidémies continuèrent.
Finalement, c’est le projet de l’ingénieur Edouard Imbeaux (1861-1943) qui fut retenu pour accroître les capacités en eau potable de Nancy : il consistait à creuser une galerie de drainage des eaux souterraines du plateau de la forêt de Haye, eaux non polluées car situées sur un vaste massif forestier. Les travaux commencèrent en 1899 et s’achevèrent en 1906. Les travaux ont été exécutés par une centaine d’hommes, 6 642 m de galeries sont percées et le réseau est appelé galerie de Villers ou ouvrage de Hardeval. Afin de permettre à l’eau de la nappe de s’écouler dans la galerie drainante – le collecteur – le plafond de celle-ci fut percé de forages verticaux traversant la couche imperméable et formant ainsi des fontaines tout au long de la galerie.
Mais l’eau issue de la nappe étant très calcaire, les fontaines ont été progressivement bouchées par les dépôts de calcite et le débit du collecteur diminua. Le réseau de Hardeval a cessé d’être utilisé en 1932 et est progressivement tombé dans l’oubli. Seuls quelques employés du service des eaux le parcouraient occasionnellement…
Laissé à l’abandon, le réseau reçoit alors la visite de quelques spéléologues et scientifiques à partir des années 1950. En 1989, L’USAN décide de transformer l’ensemble en un centre régional d’entraînement, école de spéléologie et conservatoire du patrimoine qui s’appellera le Spéléodrome de Nancy, le préfixe spéléo faisant référence à la spéléologie et le suffixe –drome signifiant un terrain aménagé. Le Spéléodrome de Nancy a été inauguré officiellement le 1er décembre 1991, il est ouvert régulièrement au grand public pour le sensibiliser à ce type de patrimoine ainsi qu’à la fragilité de l’environnement souterrain.
Photos: © AzzEddine ZOUAYDI






